Comment le documentaire « Soul of a Nation » aide à défendre
Israël
Soul of a Nation démantèle la propagande anti-israélienne en faisant quelque chose de bien plus désarmant :
dire la
vérité sur Israël tel qu’il est – imparfait, complexe, démocratique, diversifié
et profondément humain.

Les gens célèbrent le 78e anniversaire de l’Indépendance d’Israël au parc Sacher à Jérusalem, le 22 avril 2026.
(crédit
photo : YONATAN SINDEL/FLASH90)
Pendant des années, Israël a mené une guerre parallèle parallèlement à ses batailles physiques –
une guerre pour la narration,
la légitimité et la perception. Sur ce point, les critiques soutiennent qu’Israël se retrouve souvent piégé dans une posture
défensive,
expliquant, réfutant et justifiant son existence et ses actions face à une
vague incessante de désinformation.
Un nouveau documentaire, Soul of a Nation (disponible sur Apple TV), adopte une approche radicalement différente –
une
approche qui pourrait offrir un modèle pour l’avenir de la diplomatie publique
israélienne.
Le film est façonné par son réalisateur, Jonathan Jakubowicz, un Vénézuélien dont les travaux précédents incluent des films
avec
Robert De Niro, Jesse Eisenberg, Ed Harris et Ana de Armas.
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Ayant été témoin direct de la façon dont la polarisation extrême et la propagande ont vidé le discours démocratique
vénézuélien,
Jakubowicz aborde la division interne d’Israël non pas comme un étranger qui attribue des responsabilités,
mais comme un conteur alerte aux dangers de réduire des luttes nationales complexes en slogans.
Cette sensibilité sous-tend la conviction du film que la vérité, la nuance et l’humanité peuvent réussir là
où les
polémiques échouent.
Cependant, en présentant Israël à son heure la plus sombre, le film accomplit l’inattendu.
Plutôt que de réfuter les accusations
point par point, Soul of a Nation démantèle la propagande anti-israélienne en faisant quelque chose de bien plus
désarmant
: dire la vérité sur Israël tel qu’il est – imparfait, complexe, démocratique,
diversifié et profondément humain.

Illustration d’un drapeau
israélien. 26 mars 2026. (crédit : YOSSI
ALONI/FLASH90)
Une réponse différente
La propagande anti-israélienne prospère grâce à la simplification. Cela réduit Israël à une caricature – colonisateur,
État d’apartheid, agresseur. Ces récits reposent sur l’effacement des débats internes, des luttes morales et de la diversité
sociale
d’Israël. Plus Israël est présenté comme uniforme et idéologiquement rigide,
plus il devient facile de le diaboliser.
Soul of a Nation brise
complètement ce cadre.
Le documentaire, qui a remporté le Prix du Public au Miami Jewish Film Festival, retrace Israël en 2023, depuis la crise de la
réforme judiciaire jusqu’aux mois précédant le 7 octobre et ses conséquences. Plutôt que de présenter une image aseptisée,
le film plonge les spectateurs dans les débats internes d’Israël : droite et gauche, laïque et religieux, juif et arabe, pro- et
anti-Premier ministre Benjamin
Netanyahou.
Cela montre une société qui
débat bruyamment et passionnément de son avenir.
L’effet est frappant. Israël n’émerge pas comme un argument, mais comme une démocratie vivante avec toutes les vertus
et les
dysfonctionnements que cela implique.
La fin de la « hasbara
»
L’efficacité de Soul of a Nation réside dans son refus de jouer au jeu traditionnel de hasbara. Plutôt que d’expliquer
pourquoi
Israël a raison, le film montre comment
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Israël réfléchit, argumente,
craint et espère.
Cette distinction est
importante.
La propagande s’effondre sous la complexité. Les accusations d’apartheid ne sont pas directement réfutées –
elles deviennent étranges.
Le film révèle une droite israélienne fondée non pas sur le privilège européen mais sur les griefs des Juifs mizrahi,
des immigrants à la peau plus foncée venus de pays arabes qui ont passé des décennies à se sentir abandonnés
par
l’establishment travailliste ashkénaze qui a fondé l’État.
Pour les téléspectateurs qui s’attendaient à une histoire simple de colonisateurs blancs et de victimes brunes,
cela doit être déstabilisant.
En même temps, les accusations de fascisme sonnent creuses face à des manifestations de masse,
des
batailles devant la Cour suprême et une presse implacablement critique.
L’image d’un État froid et militarisé vacille lorsque les téléspectateurs rencontrent des familles en deuil, des réservistes
anti-gouvernementaux
angoissés et des militants de tout le spectre politique.
En présentant Israël honnêtement – y compris ses défauts – le film renforce paradoxalement la crédibilité morale d’Israël.
Le méchant parfait, le héros
imparfait
Lors de la conférence de Washington du Jerusalem Post, Jakubowicz a soulevé un point désarmant et simple :
son film n’était pas destiné à changer les avis sur Israël. Il était censé représenter la réalité, et la réalité est plus captivante
qu’un
récit parfait.
En narration, soutenait-il, la façon la plus rapide de perdre un public est de présenter un héros parfait.
La perfection se lit comme de la performance. Cela suscite la suspicion et crée de la distance.
Seuls les méchants insistent sur
leur propre droiture, se présentant comme soignés, sûrs de lui et sans fin
auto-justifiés.
C’est, suggérait Jakubowicz, le piège de la hasbara traditionnelle. En essayant de prouver qu’Israël avait raison à
chaque tournant,
il présente souvent une version du pays qui semble trop contrôlée, trop cohérente – plus proche d’un dessin animé
qu’une société réelle.
Et cela reste finalement peu
convaincant.
Soul of a Nation rejette cet instinct. Il fait quelque chose de plus risqué : il présente Israël non pas comme un symbole,
mais comme un pays marqué par la contradiction – façonné par le traumatisme, fracturé par des conflits internes,
et parfois contraint d’agir d’une manière que même ses propres citoyens s’opposent. Ce n’est pas toujours admirable.
Elle est souvent mal à l’aise
avec elle-même. Et c’est précisément là le point.
Parce que le public ne se connecte pas à la perfection – il la remet. Ce qu’ils reconnaissent, même lorsqu’ils y résistent,
c’est
la lutte.
Le film ne demande pas aux spectateurs d’absoudre Israël. Cela les invite à le voir. Et dans un débat dominé par les slogans,
ce changement seul
peut être plus déstabilisant que n’importe quel argument.
Une leçon pour les futures
communications d’Israël
À une époque où Israël fait face à une hostilité sans précédent sur les campus, les réseaux sociaux et les institutions
internationales, Soul of a Nation suggère que la réponse la plus efficace à la propagande n’est pas la contre-propagande,
mais
l’authenticité.
Au lieu d’expliquer pourquoi les accusations sont fausses, le film les rend invraisemblables. Au lieu de nier les défauts,
il les
reconnaît – les reformulant comme une preuve de vie démocratique plutôt que
d’échec moral.
Cette approche invite à un changement urgent dans les communications israéliennes : de la défense au récit,
de la réfutation à la révélation. Le résultat le plus frappant du film est qu’il permet aux spectateurs de voir Israël – souvent
pour la
première fois – comme une société plutôt que comme un symbole.
Lorsque les spectateurs reconnaissent les Israéliens comme des personnes aux prises avec les mêmes questions qui
définissent chaque démocratie – justice, sécurité, identité, pouvoir et responsabilité –
le sol
sous-jacent aux récits extrémistes commence à s’effondrer.
La propagande dépend de la
distance. L’humanité la referme.
Soul of a Nation ne prétend pas résoudre les conflits d’Israël, internes ou externes. Ce qu’elle fait – sans en faire explicitement
son but – est plus important : elle restaure proportion, contexte et empathie à une conversation longtemps dominée
par les
absolus.
Pour les futurs communicateurs, diplomates et conteurs d’Israël, la conclusion est claire :
le
monde n’a pas besoin qu’Israël soit parfait. Il faut qu’Israël soit réel.
Dans un débat dominé par la certitude, le film offre une raison d’hésiter, de reconsidérer et d’examiner de plus près.
Cela ne mettra peut-être pas fin
à la dispute, mais cela modifie ses termes.